Recevoir la newsletter

Magazine

L'approvisionnement des scieries de chêne, fossé du désaccord

Green acorn hanging from a tree oak leaf background nature summe

Crédit photo maxximmm - stock.adobe.com

L’Observatoire du métier de la scierie porte un regard distancié sur ce que certains nomment « le problème export Chine » lorsqu’est évoqué l’approvisionnement des scieries de chêne. Un sujet entraînant emballement médiatique, déchaînement des passions et surtout pour les producteurs nationaux de sciages la crainte d’une pénurie de matière première menaçant la pérennité de certaines unités de transformation. Comment au final sortir de l’impasse par le haut sans attendre des aides étatiques ? Des témoignages éclairent la réflexion.

L’export, en particulier pour le chêne, est un sujet clanique à souhait avec d’un côté des scieurs français et belges qui évoquent en boucle dans les médias que la solution radicale pour freiner l’export est tout simplement de l’interdire. L’enjeu : « éviter la rupture d’approvisionnement des scieries et pour certaines l’arrêt définitif ». Une demande réitérée à plusieurs reprises à l’État français par l’intermédiaire de la Fédération nationale du bois (FNB). Un État à ses dires impuissant à régler le problème, qui s’est empressé, au printemps dernier, de « refiler la patate chaude » à Bruxelles. De leur côté, certains fournisseurs de matières premières arguent que vendre aux plus offrants est la règle. « Si les transformateurs laissent filer autant de chênes en 2021, c’est qu’ils ne veulent pas s’aligner sur les prix de marché et aussi que les bois exportés ne trouvent pas preneurs en France ».

Les arguments invoqués des deux côtés ne règlent rien. Au contraire, ils creusent le fossé du désaccord.

Le défi majeur est moins d’empêcher systématiquement l’export de bois brut, que de trouver les moyens pérennes de transformer le bois sur le territoire. Empêcher l’export, en effet, c’est la solution que soutiennent fermement certains transformateurs de chêne en oubliant de préciser que l’export en direction de la Chine des milliers de m3 de résineux scolytés a sans doute évité une crise majeure en Europe.

Réinstaurer en quelque sorte un rééquilibrage : rêve ou réalité ? L'idée n'est pas de reprendre les lignes soutenues par les uns et les autres, mais bien de bâtir une autre grille de lecture et surtout d’ouvrir le débat, pour l’instant stérile.

Des faits relevés

Concernant le sujet de l’export du chêne, un certain nombre de faits doivent être relevés.

► La Chine a mis sous cloche sa forêt en reconstruction pour une durée de 99 ans et s’emploie à acquérir du bois en masse partout où il est à vendre.

La FNB révèle dans un communiqué de presse que « en seulement 10 ans, les volumes de chêne brut (grumes de chêne) disponibles pour les scieries françaises ont été divisés par près de deux, passant de 2,45 millions de m3 en 2007 à seulement 1,25 millions de m3 en 2017». Chiffres Agreste corroborés par une production de 580.000 m3 de sciages en 2019 qui donne, avec un rendement moyen de 50 %, un besoin de près de 1,2 Mm3 de grumes à sciage. Selon la FNB, dans un communi- qué de juillet 2021 : « les chiffres des douanes chinoises viennent de tomber et le moins que l’on puisse dire est que l’hémorragie continue, entre janvier et mai 2021, il est parti 187.167 m3 de chêne français en Chine directement de la forêt française sans aucune transformation. C’est + 42 % par rapport à 2020. »

Retrouvez l'ensemble de l'article dans le n°383 de la Forêt Privée. 

Forêt

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15