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Le Grand-Est et la Bourgogne Franche-Comté ont perdu un tiers de leur volume d’épicéas en 3 ans

Le Grand-Est et la Bourgogne-Franche-Comté concentrent toujours la grande majorité des dégâts de scolytes. À fin 2021, pour ces 2 régions, ces coléoptères sont à l’origine d’environ 19 Mm³ d’épicéas qui devraient être exploités (soit l'équivalent d'environ 55 000 ha), représentant 32 % du volume sur pied des pessières de plaine (sous 800 m d’altitude) avant la crise pour cette zone.

Un bilan de la crise des scolytes sur épicéas à fin 2021 a été produit par François-Xavier Saintonge, Max Gillette et Thierry Belouard du Département santé des forêts (DSF). En 2021, heureusement l’épidémie initiée en 2018 a marqué le pas grâce à des conditions météorologiques favorables aux épicéas encore présents et défavorables au scolyte typographe. Mais le temps clément de ce début 2022 réveille les craintes...

À la demande du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Inrae Montpellier a mis au point une méthode de télédétection des mortalités dans les forêts résineuses à partir des images satellitaires Sentinel-2.
Crédit photo : Département santé des forêts

« L’année 2021 a logiquement débuté par des dégâts encore importants, en lien avec les très fortes populations de typographes présentes dans l’environnement, consécutivement à l’année 2020. Les dégâts ont notamment affecté des épicéas jusqu’à des altitudes supérieures à 1000 m, mais ces attaques sont restées assez limitées comparativement aux altitudes inférieures », indiquent les spécialistes.


Crédit photo : Département santé des forêts

« La seconde partie de l’année a été marquée par une chute importante des dégâts, en lien avec la météorologie. D’une part, les pluies abondantes ont permis aux épicéas de retrouver des capacités de résistance normale face à leur agresseurs et d’autre part, les températures basses ont limité le nombre de générations de typographe à 2 en plaine et 1 en montagne (situation normale jusqu’en 2016) ce qui a permis une diminution du niveau de population de l’insecte et corrélativement de son agressivité vis à vis des pessières encore présentes ».
Ce que rappellent les chercheurs du DSF, c’est l’importance de la biologie du typographe dans la crise. La date de sortie d’hivernation est une phase importante dans la dynamique de la population de typographe. En effet, si les températures augmentent rapidement en mars-avril, un vol précoce et important est de nature à engager un nombre plus important d’insectes au cours de l’année, notamment en augmentant la probabilité d’avoir plus de générations dans l’année (car en effet, quand l’essaimage est précoce et que les températures sont durablement élevées, il est possible de voir le nombre de générations augmenter).
Le démarrage de 2021 avait été moins favorable au typographe que les deux années précédentes.


Crédit photo : Département santé des forêts

Qu’adviendra-t-il cette année ? Les conditions météorologiques 2021 ont dû entraîner une baisse probable du niveau de population, rassurent les spécialistes du DSF. Sauf nouvelle période chaude et sèche en 2022, les dégâts devraient fortement diminuer dès le printemps 2022 dans les deux régions principalement concernées.
« Ce probable faible niveau de dégât doit permettre une récolte plus facile des arbres porteurs de scolytes pour un retour à l’endémie plus rapide. Il convient donc de ne pas baisser la garde sur les détections précoces d’arbres scolytés et une récolte dans un temps aussi court que possible », conseillent-ils. Face au temps doux de ce début mars, la vigilance est ainsi de mise.

 

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