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Nouveau siège pour l’ONF face aux nouveaux enjeux de la forêt

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Le directeur général Bertrand Munch et le président Jean-Yves Caullet, entourés d’Albert Maillet, directeur forêt et risques naturels, et d’Aymeric Albert, chef du département commercial bois.

Crédit photo DR
L’ONF a présenté, comme chaque année avant le début des grandes ventes d’automne, son bilan d’activité de l’année 2020, occasion de faire le point sur les sujets d’actualité de l’Office et, cette année, de faire visiter le chantier du nouveau siège à Maisons-Alfort, un bâtiment qui fait bien sûr une large part au bois et se veut aussi exemplaire sur le plan des performances énergétiques et environnementales.

On avait pensé à Bourges, puis à Compiègne, c’est finalement Maisons-Alfort qui a été choisi en 2017 pour accueillir le siège de l’ONF, plus précisément dans l’enceinte de l’Ecole vétérinaire (EnvA), qui deviendra ainsi à terme un pôle agricole, rassemblant autour de l’Ecole vétérinaire l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’ONF et d’autres structures rattachées au ministère de l’Agriculture. L’emménagement est prévu pour avril 2022.

Le nouveau siège est l’occasion pour l’ONF de réunir en un seul lieu les 365 salariés des services de la direction générale de l’Office jusque-là scindés sur deux sites, la tour historique de l’avenue de Saint-Mandé à Paris et des locaux loués à Montreuil, gagnant ainsi en fonctionnalité pour le personnel et en visibilité pour les visiteurs.

La cohabitation avec l’EnvA permettra des synergies, utilisation en commun des amphis, des salles de réunion et de la restauration collective, et organisation commune de la surveillance des locaux. Au total, les économies de fonctionnement ainsi permises et la baisse des charges liées aux faibles consommations en énergie et en eau du nouveau bâtiment, permettront de contribuer à la réduction des dépenses de fonctionnement demandée par l’Etat. Une très bonne nouvelle dans le contexte actuel...

La vente de l’immeuble de l’avenue de Saint-Mandé et l’abandon de la location des locaux de Montreuil permettent de financer entièrement le coût de la construction (25 millions d’euros), le bail emphytéotique de 70 ans conclu avec l’école vétérinaire (5 millions d’euros versés en une fois), et l’entretien du nouveau bâtiment pendant 12 ans.

Le directeur général Bertrand Munch et le président Jean-Yves Caullet, entourés d’Albert Maillet, directeur forêt et risques naturels, et d’Aymeric Albert, chef du département commercial bois.
DR

Un bâtiment exemplaire

Le bâtiment fait largement appel au bois, «une évidence» pour Bertrand Munch, directeur général de l’Office, avec une structure entièrement en bois (à l’exception des escaliers et de l’ascenseur). Ce sera au total plus de 2.100 m3 de produits finis bois utilisés dans le bâtiment. Les charpentes sont en épicéa lamellé-collé, les planchers sont en CLT pin ou douglas, et tous les bois sont issus des forêts domaniales métropolitaines et certifiés PEFC. 

Le bâtiment est conçu selon un principe bioclimatique, qui optimise la température interne par son orientation, sa ventilation et l’installation de paresoleil sur les fenêtres. Sa consommation d’énergie est réduite grâce à la bonne isolation des façades avec des panneaux en fibres de bois et en fibres d’herbe, et l’installation de 800 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit et les terrasses. La production d’énergie de ces panneaux suffira à couvrir la totalité des besoins en électricité des éclairages et des ascenseurs du bâtiment. L’eau de pluie est récupérée et permettra de couvrir 90% des besoins en eau non potable des sanitaires. Le bâtiment aura ainsi le niveau d’excellence du label BBCA, attestant sa très faible empreinte carbone.

Vue de la façade extérieure et du porte-à-faux (encorbellements successifs marquant l’angle) surplom- bant l’entrée du bâtiment. Les parements extérieurs (clins) sont en acier et aluminium, les fenêtres en bois à l’intérieur et en aluminium à l’extérieur.
DR

L’ONF face aux enjeux du changement climatique

La principale préoccupation de l’ONF aujourd’hui, a déclaré Bertrand Munch, est de faire face aux effets du changement climatique sur nos forêts. Les équipes de l’ONF, a expliqué Albert Maillet, travaillent sur de nouveaux modes de gestion et de sylviculture, allant de l’augmentation de la diversité des essences (avec de nouvelles essences testées dans les îlots d’avenir) à une gestion en mosaïque des peuplements. Le rétablissement de l’équilibre cynégétique fait également partie des priorités, ainsi que le dialogue avec la société.

De nouveaux défis donc, pour lesquels l’ONF bénéficie d’un financement additionnel au titre du plan de relance de l’Etat de 30 millions d’euros pour l’année 2021. Ce plan est bienvenu pour l’Office qui estime à 300.000 ha les surfaces touchées en vingt ans par les dépérissements liés au changement climatique... Il suppose d’augmenter le rythme annuel de plantation de 5.300 ha à 15.000 ha. Par ailleurs, pour contribuer à l’effort national demandé par le Gouvernement de porter à 30% les surfaces protégées en France, l’ONF conduira de 7 à 10% la part de surfaces protégées des forêts domaniales, soit 230.000 ha dont 50.000 en métropole et 180.000 en Guyane.

Zone de déambulation séparant les salles de réunion des espaces de travail. Les poteaux et les poutres horizontales sont en lamellé-collé épicéa et les poutres en zigzag (sous les planchers) en CLT pin
DR

Le marché des bois

Si la mise en ligne du site www.ventesdebois.onf.fr, à peine un mois avant le début du confinement 2020, a considérablement aidé l’Office à traverser la période difficile du Covid-19, le chiffre d’affaires des ventes de bois issus des forêts publiques s’est élevé à 426,5 millions d’euros contre 491 millions d’euros en 2019, dont 218,5 millions pour les forêts domaniales et 208 pour les forêts communales. En volume, cela représente 11,37 millions de m3 en 2020, et 11,85 en 2019. L’Office a également développé la vente par contrats d’approvisionnement qui représentent 40% de ses ventes en volume. L’objectif est de continuer à augmenter la part de ce mode de vente. Les scieurs seraient de plus en plus demandeurs d’un approvisionne- ment clé en mains, livré par l’Office sur leur site. Pour y répondre, l’ONF crée une filiale dédiée à la logistique, qui consistera à gérer l’ensemble des transports de bois pour le compte de ses acheteurs. Mais pas question de s’équiper d’une flotte de camions...

Depuis quelques années l’ONF a mis en place des ventes labellisées transformation UE en réponse au problème de la montée des exportations de grumes de chênes vers la Chine. L’établissement public précise que ce label, contesté devant le Conseil d’Etat, a été confirmé cet été dans sa légitimité. Il souligne que sur l’ensemble des essences, le bois est commercialisé à 92% à des acheteurs français et à 8% à des entreprises membres de l’UE.

Perspectives de redressement

Depuis plusieurs années, l’ONF peine à équilibrer son budget (baisse des recettes de la vente des bois, augmentation des missions qui lui sont confiées...). Les comptes de l’exercice 2020 ont par ailleurs été largement dégradés par les conséquences de la crise du Covid-19, principalement la baisse du chiffre d’affaires des ventes de bois (moins 37,4 millions d’euros), à laquelle se sont ajoutées une contraction de 4 millions d’euros des frais de garderie liée à la baisse des recettes communales en 2019 et une baisse substantielle de 9,6 millions d’euros des recettes liées aux activités concurrentielles. Même avec des charges externes en réduction de 8,1 millions d’euros du fait de la baisse d’activité et une réduction de la masse salariale de 11,5 millions d’euros, le besoin de financement de l’établissement s’est monté en 2020 à 745,8 millions d’euros (pour un résultat net de - 67,8 millions d’euros), et l’Office a dû accepter dans le cadre du plan Etat-ONF-Fncofor 2021- 2025, adopté par le conseil d’administration en juillet dernier, une réduction supplémentaire de la masse salariale. Il est prévu une baisse de 95 emplois par an sur 5 ans, soit 475 sur un effectif actuel de 7.800.

Les suppressions de postes sont principalement prévues chez les ouvriers de l’Office, a précisé Bertrand Munch, en expliquant que l’ONF a préféré privilégier la stabilité de son réseau territorial, et faire appel à la sous-traitance pour les travaux sylvicoles.

Les recettes de ventes de bois à la hausse

Au-delà de la réduction structurelle de ses coûts, la direction de l’ONF se veut optimiste pour tenir les engagements du nouveau contrat avec l’Etat grâce notamment à la perspective de reprise à la hausse des recettes de vente de bois dès 2021, grâce à l’augmentation de la demande qui se répercute sur les prix (le chêne est revenu à un niveau proche de 2018). L’Etat prendra sa part au rétablissement financier de l’établissement via l’augmentation des financements par les ministères concernés des missions d’intérêt général assurées par l’Office et le versement de subventions exceptionnelles entre 2021 et 2023 (30 millions d’euros en 2021).

Auteur

  • Nathalie Jaupart-Chourrout

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